Shortbus (2006) - Réalisé par John Cameron Mitchell - Avec Sook-Yin Lee, Paul Dawson, Lindsay Beamish, Raphaël Barker - Film américain
-16 ans
Résumé: Shortbus suit plusieurs personnages new-yorkais dont les aventures tragi-comiques naviguent entre sexualité et sentiments. Tous fréquentent un club underground moderne, Shortbus, où s'expriment toutes les sexualités. Sofia est sexologue et n'a jamais connu l'orgasme. Avec son mari Rob, elle simule le plaisir depuis des années. Sofia croise Severin, une maîtresse dominatrice qui tente de l'aider. Parmi les patients de Sofia, James et Jamie sont un couple gay qui tente d'ouvrir ses relations sexuelles à un troisième partenaire. James propose une relation avec Ceth, mais Jamie reste sur ses gardes. James semble avoir un projet secret. Il est suivi par un mystérieux observateur, Caleb...
# Second long métrage de John Cameron Mitchell, Shortbus représente une étape majeure dans l'histoire du cinéma. En effet, c'est une des rares fois au cinéma, en dehors du cinéma pornographique, que des rapports sexuels non simulés et particulièrement explicites sont filmés dans un long métrage. L'objectif du réalisateur paraît alors clair: montrer au spectateur le sexe dans sa plus pure simplicité, sans artifices, sans tricherie aucune. Si certaines scènes peuvent déranger lors du premier visionnage, ce n'est que par leur sincérité, car Shortbus est avant tout un film sincère, simple, débarrassé de toute pudeur cinématographique: entre la scène d'introduction et son défilement d'images explicites, la relation sexuelle des trois homos, crue à en faire pâlir un homophobe (ce qui n'est certainement pas pour déplaire au réalisateur), les quelques scènes se déroulant à l'intérieur même du club...bref, de quoi remuer la petite Amérique puritaine à laquelle le réalisateur ne cesse de se frotter!
Etant donné l'ampleur de certaines scènes, le fait d'engager des acteurs inconnus s'est imposé au cinéaste comme une fatalité...et ce n'est pas plus mal ! Rarement une telle perfection n'avait été ressentie dans la prestation d'acteurs amateurs: délicieuse Sook-Yin Lee, émouvant Paul Dawson, touchante Lindsay Beamish...jamais on ne ressent le moindre faux pas, la moindre erreur dans le jeu de chacun des acteurs, qui ne tarderont certainement pas à se faire un nom.
Mais plutôt qu'une fresque graveleuse saupoudrée d'humour noir, Shortbus est avant tout un incroyable morceau de vie, emprunt d'intelligence et éminemment sensible. Lieu utopiste où l'homme retrouverait sa vraie nature, le Shortbus apparaît avant tout comme un lieu où tout est possible, ou hétérosexualité et homosexualité se côtoient sans jugements, et où toute les rencontres semblent possibles. Malgré ses allures de joyeux bordel, le Shortbus se présente comme le lieu même de la tolérance, à tel point que l'on souhaiterai que la ville se limite à ces murs colorés, témoins des ébats de dizaines de new-yorkais venus chercher un sens à leur existence. Confrontés quotidiennement aux contrariétés de la vie, n'ayant connu comme évènement marquant que l'effondrement des tours jumelles, jeunes et vieux, riches et pauvres...tous sont égaux au Shortbus!
Mais le long métrage de John Cameron Mitchell va bien plus loin, puisqu'il propose de gratter les apparences pour nous dévoiler les aspects les plus complexes de la sexualité, et même de l'amour en général: Sofia devra remettre en question sa compatibilité sexuelle avec son époux, James choisira d'introduire un autre homme au sein de son couple, et Severin cherchera désespérément une véritable relation humaine...chaque personnage est si complexe que l'on pourrait faire un film sur chacun d'eux. C'est en examinant les rapports humains que le cinéaste dissèque nos propres maux, pour nous imposer une vision du monde simple et sulfureuse, éminemment lyrique, profondément humaine et intelligente, et c'est lors de la scène de fin que cette sensation de liberté atteint son paroxysme. Le tout est dirigé par une mise en scène extrêmement simpliste, caméra portée mais toujours bien menée, et certains plans sont d'une beauté remarquable. Energique et puissante, parfois virulente et d'autres fois douce, la B.O. se veut particulièrement soignée, et chacun de morceaux choisis accompagne à merveille chacune des scènes du film. Rien ne saurait décrire la joie et l'immense sensation qui nous submerge lors de la scène finale, dans laquelle les corps nus se fondent au paysage, le tout rythmé par la voix grave d'un travesti hurlant à plein poumon dans un mégaphone. La ville plongée dans le noir, c'est au Shortbus que se rejoignent, guidés par la lumière d'une bougie, ceux qui ne demandent qu'à connaître l'amour...
En deux mots: il serait dommage de prendre Shortbus pour ce qu'il n'est pas. Loin de la simple comédie graveleuse, c'est une véritable leçon de vie que nous propose John Cameron Mitchell, une leçon qui nous met le sourire aux lèvres et les larmes aux yeux. Remarquable!
16/20
-16 ans
Résumé: Shortbus suit plusieurs personnages new-yorkais dont les aventures tragi-comiques naviguent entre sexualité et sentiments. Tous fréquentent un club underground moderne, Shortbus, où s'expriment toutes les sexualités. Sofia est sexologue et n'a jamais connu l'orgasme. Avec son mari Rob, elle simule le plaisir depuis des années. Sofia croise Severin, une maîtresse dominatrice qui tente de l'aider. Parmi les patients de Sofia, James et Jamie sont un couple gay qui tente d'ouvrir ses relations sexuelles à un troisième partenaire. James propose une relation avec Ceth, mais Jamie reste sur ses gardes. James semble avoir un projet secret. Il est suivi par un mystérieux observateur, Caleb...
# Second long métrage de John Cameron Mitchell, Shortbus représente une étape majeure dans l'histoire du cinéma. En effet, c'est une des rares fois au cinéma, en dehors du cinéma pornographique, que des rapports sexuels non simulés et particulièrement explicites sont filmés dans un long métrage. L'objectif du réalisateur paraît alors clair: montrer au spectateur le sexe dans sa plus pure simplicité, sans artifices, sans tricherie aucune. Si certaines scènes peuvent déranger lors du premier visionnage, ce n'est que par leur sincérité, car Shortbus est avant tout un film sincère, simple, débarrassé de toute pudeur cinématographique: entre la scène d'introduction et son défilement d'images explicites, la relation sexuelle des trois homos, crue à en faire pâlir un homophobe (ce qui n'est certainement pas pour déplaire au réalisateur), les quelques scènes se déroulant à l'intérieur même du club...bref, de quoi remuer la petite Amérique puritaine à laquelle le réalisateur ne cesse de se frotter!
Etant donné l'ampleur de certaines scènes, le fait d'engager des acteurs inconnus s'est imposé au cinéaste comme une fatalité...et ce n'est pas plus mal ! Rarement une telle perfection n'avait été ressentie dans la prestation d'acteurs amateurs: délicieuse Sook-Yin Lee, émouvant Paul Dawson, touchante Lindsay Beamish...jamais on ne ressent le moindre faux pas, la moindre erreur dans le jeu de chacun des acteurs, qui ne tarderont certainement pas à se faire un nom.
Mais plutôt qu'une fresque graveleuse saupoudrée d'humour noir, Shortbus est avant tout un incroyable morceau de vie, emprunt d'intelligence et éminemment sensible. Lieu utopiste où l'homme retrouverait sa vraie nature, le Shortbus apparaît avant tout comme un lieu où tout est possible, ou hétérosexualité et homosexualité se côtoient sans jugements, et où toute les rencontres semblent possibles. Malgré ses allures de joyeux bordel, le Shortbus se présente comme le lieu même de la tolérance, à tel point que l'on souhaiterai que la ville se limite à ces murs colorés, témoins des ébats de dizaines de new-yorkais venus chercher un sens à leur existence. Confrontés quotidiennement aux contrariétés de la vie, n'ayant connu comme évènement marquant que l'effondrement des tours jumelles, jeunes et vieux, riches et pauvres...tous sont égaux au Shortbus!
Mais le long métrage de John Cameron Mitchell va bien plus loin, puisqu'il propose de gratter les apparences pour nous dévoiler les aspects les plus complexes de la sexualité, et même de l'amour en général: Sofia devra remettre en question sa compatibilité sexuelle avec son époux, James choisira d'introduire un autre homme au sein de son couple, et Severin cherchera désespérément une véritable relation humaine...chaque personnage est si complexe que l'on pourrait faire un film sur chacun d'eux. C'est en examinant les rapports humains que le cinéaste dissèque nos propres maux, pour nous imposer une vision du monde simple et sulfureuse, éminemment lyrique, profondément humaine et intelligente, et c'est lors de la scène de fin que cette sensation de liberté atteint son paroxysme. Le tout est dirigé par une mise en scène extrêmement simpliste, caméra portée mais toujours bien menée, et certains plans sont d'une beauté remarquable. Energique et puissante, parfois virulente et d'autres fois douce, la B.O. se veut particulièrement soignée, et chacun de morceaux choisis accompagne à merveille chacune des scènes du film. Rien ne saurait décrire la joie et l'immense sensation qui nous submerge lors de la scène finale, dans laquelle les corps nus se fondent au paysage, le tout rythmé par la voix grave d'un travesti hurlant à plein poumon dans un mégaphone. La ville plongée dans le noir, c'est au Shortbus que se rejoignent, guidés par la lumière d'une bougie, ceux qui ne demandent qu'à connaître l'amour...
En deux mots: il serait dommage de prendre Shortbus pour ce qu'il n'est pas. Loin de la simple comédie graveleuse, c'est une véritable leçon de vie que nous propose John Cameron Mitchell, une leçon qui nous met le sourire aux lèvres et les larmes aux yeux. Remarquable!
16/20




